Contexte

Renforcement de la coordination et de la coopération au sein du Mouvement (RCCM)

L’initiative sur le renforcement de la coordination et de la coopération au sein du Mouvement (RCCM) est le fruit d’une évaluation conjointe des défis rencontrés sur le terrain. Elle vise à améliorer la manière dont les partenaires au sein du Mouvement travaillent ensemble et à renforcer la coordination et la coopération, en particulier dans les situations d’urgence à large échelle.

  • Statuts du Mouvement et Accord de Séville

L’initiative RCCM est ancrée dans les Statuts du Mouvement qui affirment que tous les partenaires doivent coopérer entre eux en fonction de leurs rôles, tels que définis par leurs mandats respectifs.

L’ Accord de Séville (1997) et ses Mesures supplémentaires (2005) définissent donc les rôles et responsabilités respectifs des partenaires au sein du Mouvement ainsi que les interactions entre eux.

  • Conseil des Délégués de 2013 : lancement de l’initiative RCCM 

Une première résolution sur le renforcement de la coordination et de la coopération au sein du Mouvement a été présentée au Conseil des Délégués de 2013.  Les Sociétés nationales ont alors largement approuvé cette initiative et fixé – conjointement avec le CICR et la Fédération internationale – les priorités d’action suivantes :

  • Renforcement du rôle de direction (leadership) à travers la mise en place de mécanismes coordonnés ;
  • Intensification des activités du Mouvement en matière de préparation, d’intervention et de relèvement à travers la mise en place de plans, d’outils et de mécanismes opérationnels améliorés et coordonnés;
  • Promotion d’une communication interne et externe homogène et bien coordonnée;
  • Exploration de nouvelles stratégies de mobilisation des ressources à l’échelle du Mouvement pour les opérations internationales de grande ampleur;
  • Organisation de consultations régionales sur les quatre thèmes ci-dessus en vue de la présentation d’un rapport au Conseil des Délégués de 2015.

Une consultation à l’échelle du Mouvement a été organisée alors que la mise en œuvre du processus RCCM avait déjà débuté sur le terrain, notamment à la suite du tremblement de terre d’avril 2015 au Népal. Plusieurs actions concrètes et meilleures pratiques ont été retenues et présentées au Conseil des Délégués de 2015.

  • Conseil des Délégués de 2015 : premier Plan d’action du RCCM 

Le premier Plan d’action du RCCM a été présenté au Conseil des Délégués de 2015. Les objectifs étaient les suivants :

  • Accroître la connaissance des cadres réglementaires du Mouvement ainsi que leur utilisation par tous les partenaires afin d’améliorer l’action en matière de préparation, d’intervention et de relèvement lors d’opérations à grande échelle, grâce à l’élaboration d’outils et de mécanismes;
  • Garantir que les Sociétés nationales bénéficient de l’amélioration de la coordination et de la coopération au sein du Mouvement ;
  • Permettre la contextualisation des efforts de coordination au sein du Mouvement afin d’en garantir la pertinence et l’efficacité ;
  • Étudier, mettre au point et tester des outils et des mécanismes destinés à améliorer la coordination au sein du Mouvement (par exemple : mini-sommets, déclarations conjointes, appel international unique, capacité conjointe de déploiement rapide, cartographie des capacités du Mouvement, etc.).

Pour plus d’informations sur le RCCM, voir le Rapport intérimaire  présenté au Conseil des Délégués de 2015 et la résolution 1 du Conseil des Délégués de 2015.

  • 2018-2019 : deuxième phase de mise en œuvre du RCCM

Le Plan d’action du RCCM pour les années 2015-2017 a véritablement induit des changements : des progrès sont intervenus, notamment dans l’utilisation des outils et mécanismes propres au processus RCCM, comme le montre le Rapport intérimaire sur le RCCM présenté au Conseil des Délégués en novembre 2017.

Trois priorités ont alors été identifiées pour la période 2018-2019. Elles figurent dans la troisième résolution sur le RCCM, adoptée par le Conseil des Délégués de 2017.

Présentées sous forme graphique, les priorités du Mouvement consistaient à :

  1. Faire mieux connaître les outils et mécanismes RCCM afin de renforcer l’esprit de coordination entre les partenaires au sein du Mouvement ;
  2. Développer l’interopérabilité des systèmes dans l’ensemble du Mouvement, en mettant l’accent sur les services logistiques et de sécurité;
  3. Poursuivre les efforts entrepris en matière de mobilisation conjointe des ressources dans l’ensemble du Mouvement, en améliorant le mécanisme de l’appel international unique.

Ces priorités ont été traduites dans le Plan d’action pour les années 2018-2019, auquel les Sociétés nationales ont été vivement encouragées à contribuer.

  • 2020-2023 : le RCCM 2.0 

Le RCCM 2.0 se concentre sur sept priorités, dont deux sont des éléments fondamentaux de la coordination au sein du Mouvement et cinq sont des outils clés. S’articulant autour d’une ambition globale, qui est de garantir des interventions humanitaires efficientes et efficaces, ces priorités sont les suivantes :

  1. Garantir une mise en œuvre efficace et bien coordonnée des responsabilités conférées aux composantes du Mouvement ;
  2. Garantir, à l’échelle du Mouvement, une gestion cohérente des données pour améliorer les opérations, garantir la redevabilité et communiquer en temps opportun aux parties prenantes (internes et externes) des informations sur l’empreinte du Mouvement, de façon à accroître le financement global de nos opérations humanitaires et à renforcer la pertinence et la visibilité des opérations du Mouvement ;
  3. Poursuivre le renforcement de l’interopérabilité des systèmes pour garantir un appui souple et réactif aux opérations ;
  4. Comprendre et utiliser les capacités pouvant être mobilisées par les composantes du Mouvement pour contribuer à une intervention, y compris les compétences des Sociétés nationales dans leur pays, pour s’assurer que les services sont fournis de manière efficiente et qu’ils satisfont aux normes de qualité requises ;
  5. Assurer l’état de préparation du Mouvement, d’une part, en employant les outils RCCM existants pour favoriser une planification et une analyse communes ainsi que des activités coordonnées et, d’autre part, en réfléchissant à la question de savoir si d’autres outils sont requis (à cette fin, établir une base de connaissances sur ce qui fonctionne bien dans la coordination et envisager des modèles opérationnels différents pour des contextes différents) ;
  6. Promouvoir la complémentarité des interventions nationales et internationales, tout en garantissant le renforcement cohérent et soutenu des capacités locales, y compris en matière de mobilisation des ressources et de respect des priorités liées à la « localisation de l’aide », l’accent étant mis sur la nécessité de mener des opérations en utilisant des ressources locales si possible et internationales si nécessaire ;
  7. Améliorer l’adaptabilité des interventions face aux crises de grande ampleur, de façon à renforcer la position du Mouvement en tant qu’intervenant clé au niveau mondial.